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dimanche 20 septembre 2009

Quels sont les liens entre nutrition et cancer ?

Texte paru dans http://www.civ-viande.org/ebn.ebn?pid=56&rubrik=115&item=117#497

L’influence de l’alimentation sur le risque de cancer est controversée. Toujours selon le rapport rédigé conjointement par l’Académie des Sciences, l’Académie nationale de médecine, le CIRC, la Fédération des Centres de lutte contre le lancer, l’Institut de veille sanitaire et l’Institut national du cancer, intitulé "Les causes du cancer en France"* , l’effet de facteurs nutritionnels spécifiques tels que la teneur en fibres des aliments ou la quantité de fruits et légumes ingérée n’a pas été confirmée par les dernières enquêtes épidémiologiques. De même, celles-ci suggèrent que la consommation de viande rouge et de charcuterie n’accroissent que modérément les risques de cancer du colon-rectum (RR=1.3). Cependant, ces études ont été effectuées sur des adultes et le rapport souligne l’importance de poursuivre les recherches (notamment chez les enfants, les adolescents et les femmes pendant la gestation).
Par ailleurs, la plupart des études ne permettent pas d’affirmer si un aliment a un rôle prédominant, puisque ce sont des régimes alimentaires, et non pas un aliment ou un nutriment en particulier, qui sont généralement mis en relation avec l’augmentation du risque de cancer. De plus, il existe des interactions entre les différents facteurs de risques de même qu’entre des facteurs de risques et des éléments protecteurs. Ainsi, la consommation de fruits et légumes, de fibres et de calcium auraient des effets bénéfiques qui pourraient contrebalancer d’autres effets négatifs d’où l’importance d’une alimentation variée et équilibrée.

Le rapport 2007 du WCRF** a été rédigé après avoir examiné près de 500 000 études : 22 000 ont été retenues et plus de 6 000 ont permis d’en tirer des conclusions et d’élaborer des recommandations. Si la rigueur méthodologique de ce travail n’est pas contestable, il faut rappeler qu’il s’agit principalement d’études épidémiologiques qui ne permettent pas de prouver des liens de cause à effet, mais simplement de faire ressortir des associations entre un élément donné et l’augmentation ou la diminution du risque de cancer. Des expérimentations in vitro et animales sont ensuite conduites afin d’étudier plus précisément les mécanismes.
Or, les mécanismes métaboliques qui pourraient expliquer la relation entre les très fortes consommations de viandes et viandes transformées et les risques de cancer sont encore mal connus et restent à identifier plus précisément.
Selon les hypothèses mécanistiques les plus souvent citées, les agents promoteurs proviendraient :
> des graisses : elles augmentent notamment l’excrétion d’acides biliaires détergents et agressifs dans le colon,
> des protéines : fermentés en amines, en phénol ou en sulfure d’hydrogène toxiques pour la muqueuse,
> du fer : induisant des radicaux libres génotoxiques,
> des composés N-nitrosés endogènes dont certains seraient cancérigènes.
> Par ailleurs, les cuissons drastiques (grillades, barbecue, friture, cuisson sur flamme nue…) et certains procédés de fumage des aliments engendrent également des composés potentiellement cancérigènes : des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et des amines hétérocycliques (AHC). Cela s’observe pour les cuissons des viandes comme pour celles des volailles et des poissons. Cependant, le poulet grillé (qui contient plus d’AHC que les viandes rouges) n’est pas associé au risque de cancer, et ce ne sont pas les viandes, mais les céréales, qui sont les sources majeures d’HAP.
Aussi, aucune de ces hypothèses ne parvient, à elle seule, à expliquer clairement le lien entre consommation de viandes rouges et cancer.
> Une nouvelle hypothèse concerne le fer héminique (qui est le fer associé à l’hème de l’hémoglobine), abondant dans les viandes rouges, mais très peu abondant dans les viandes blanches. La teneur du régime en hème aurait un effet promoteur selon un mécanisme de résistance sélective des cellules précancéreuses aux lipoperoxides cytotoxiques induits par l’hème dans l’intestin. Il est cependant intéressant de noter que cet effet est complètement inhibé par un apport de calcium. Aussi, les régimes contenant beaucoup de calcium bloquent l’hème dans la phase insoluble du contenu intestinal.

* Les causes du cancer en France, rapport de l’Académie nationale de médecine, l’Académie des sciences - Institut de France, le Centre international de recherche sur le cancer (OMS – Lyon), la Fédération des centres de lutte contre le cancer, avec le concours de l’Institut national du cancer et de l’Institut national de veille sanitaire, P Autier, P Boffetta, M Boniol, P Boyle, J Ferlay du CIRC, A Aurengo, R Masse, G de Thé de l’Académie nationale de médecine, C Hill de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer.

** World Cancer Research Fund – Fonds mondial de recherche contre le cancer

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